Inégalités, discriminations

L’équipe « Inégalités, discriminations » du Lab’urba développe des recherches portant sur les inégalités sociales, quelles qu’elles soient, en se focalisant en particulier sur leur dimension spatiale.  

 

Les inégalités ne constituent pas une entrée comme les autres : à la fois objet thématique et regard transversal, problématique scientifique complexe et question sociale majeure. Elles obligent à penser frontalement les liens entre les orientations scientifiques des chercheurs et les conséquences ou usages sociaux et politiques des recherches, et donc les relations entretenues avec les acteurs et leurs propres analyses. L’équipe s’engage donc à développer un travail réflexif sur les rapports entre l’empirique, l’épistémologique et l’éthique (ou le politique). Ces réflexions théoriques ont toute leur place, aux côtés des enquêtes empiriques qu’elles construisent et qui les étayent.

 

L’équipe est pluridisciplinaire mais ancrée dans les sciences sociales : elle rassemble des chercheur-e-s issu-e-s de la géographie, de la sociologie, de l’aménagement et urbanisme ainsi que de l’économie. Les recherches mettent donc en œuvre différentes approches mais chacune d’elles est amenée à combiner diverses méthodes et techniques d’enquêtes communes aux différentes sciences humaines et sociales (archives, statistiques, questionnaires, entretiens, terrains ethnographiques…), mises en œuvre à travers des études de cas approfondies ou des comparaisons à différentes échelles (métropolitaine, nationale, internationale).

 

Les objets de recherche sont bien entendu très variés, et peuvent être rassemblés en deux ou trois grands ensembles non strictement séparables.

  • Les vis-à-vis du logement, de l’espace public, de la santé, de l’environnement, des déplacements et donc des transports, de l’accès aux ressources, mais aussi du champ politique ou médiatique, etc.

     

  • Une deuxième perspective explore l’émergence, le rôle et les effets des diverses formes d’action individuelle ou collective, informelle ou institutionnelle, qui travaillent ces conditions d’existence d’une façon ou d’une autre. Il s’agit d’analyser tant des politiques publiques que des mobilisations contestataires ou des initiatives visant des pratiques alternativesmettre en regard pour mieux analyser les configurations relationnelles qu’elles dessinent (qu’elles soient marquées par l’alliance ou la confrontation) ainsi que leurs

     

  • Bien entendu, ces différentes actions mobilisent des ressources parmi lesquelles il faut faire une place particulière aux productions discursives (catégories d’action, argumentaires, figures rhétoriques…) qui peuvent servir à dénoncer mais aussi à légitimer certaines inégalités sociales, et réciproquement qui peuvent s’appuyer sur ces dernières pour dénoncer ou légitimer une action. Parmi elles, les productions savantes, qu’il s’agisse de rapports de recherche, expertises et autres formes d’intervention des chercheur-e-s, peuvent avoir un rôle important qu’il faut intégrer dans l’objet de recherche et qui suppose de mettre en œuvre un travail de réflexivité individuelle et collective.

     

 

À travers les différents objets travaillés, l’équipe peut mettre en évidence non seulement les points communs et différences mais aussi les relations qu’entretiennent les différents types d’inégalités, et interroger l’hypothèse d’un cumul si ce n’est d’un « système des inégalités » : les inégalités sont-elles toujours cumulatives voire en relation de renforcement circulaire ? Plus encore, au constat un peu statique des inégalités de condition, on passe nécessairement à une saisie plus dynamique des inégalités de position sociale : quel que soit l’objet de recherche, le point de vue adopté vise à expliquer les situations, pratiques, décisions, représentations, discours, etc., par les processus (discriminations, ségrégations, polarisations, appropriations, (dé)valorisations, etc.) et les rapports sociaux qui les rendent possibles. Des rapports sociaux bien souvent dissymétriques. Ceci suppose de participer aux débats sur l’intersectionnalité des différents types de rapports sociaux marqués par différentes formes de domination : entre « classes », « genres/sexes » et « races » pour reprendre le fameux triptyque qui circule à l’échelle internationale, mais aussi entre nationalités, religions, âges ou générations, etc. L’originalité de l’équipe consiste à poser l’hypothèse d’une importance non négligeable de la dimension spatiale dans ces rapports et leurs intersections. Penser en termes de dimension spatiale ne consiste pas à simplement ajouter les dites « inégalités socio-spatiales » ou « territoriales » à des inégalités sociales étudiées à l’échelle macro et un peu hors sol, moins encore à convoquer à tout prix un douteux « facteur spatial » ou « géographique », un « effet de lieu » ou « de quartier », qui serait autonome des rapports sociaux. Bien au contraire, l’enjeu est de comprendre comment la dimension spatiale, en fait spatio-temporelle, est constitutive de toute inégalité sociale, car de tout rapport social.

 

Pour ce faire plusieurs travaux et programmes collectifs, impliquant plusieurs membres de l’équipe, ont déjà été initiés, d’autres sont en cours et d’autres bien sûr sont à venir. À l’automne 2013, un colloque a été organisé sur les usages et enjeux de la catégorie de « discriminations territoriales » (2013). Actuellement, plusieurs programmes de recherches collectives sont en cours, financés par diverses institutions (PUCA, ANR…). Certaines collaborations se font plus largement dans le cadre de l’un des axes transversaux du Labex Futurs urbains intitulé « Justice, espace, inégalités, discriminations » dont l’équipe est d’ores et déjà un noyau dur. Un séminaire de réflexion fondamentale y a été lancé et une journée d’étude a été programmée pour janvier 2015. Le travail collectif peut s’y appuyer sur des collaborations ayant déjà quelques années d’existence au niveau de Paris EST, que ce soit en termes de recherches (avec par exemple le programme HABEST qui analyse les recompositions sociales dans l’est francilien) ou pédagogiques (avec le master EST initié par le département de géographie de l’UPEC et aujourd’hui co-habilité par l’UPEM).

 

 

L’équipe se réunit en séminaire chaque 2ème mercredi des mois impairs. En 2014-2015, plusieurs séances thématiques son déjà prévues :

 

  • La question de l’intersectionnalité (septembre 2014)

  • Débats autour du Dictionnaire des inégalités (novembre 2014)

  • Les hégémonies discursives (janvier 2015)

  • Les enjeux fonciers et immobiliers et la gentrification (mars 2015)

 

Responsables de l’équipe : Camille Gardesse & Fabrice Ripoll

Membres de l'équipe à titre principal
Nathan Belval Muriel Froment Meurice Joanne Le Bars
Sophie Blanchard Camille Gardesse Jean-Amos Lecat-Deschamps
Delphine Callen Pauline Gaullier Christine Lelévrier
Hélène Charreire Séverin Guillard Virginie Mobillon
Garance Clément Claire Hancock Anne-Laure Pailloux
Mustafa Dikeç Anne-Lise Humain-Lamoure Olivier Pégard
Jean Estebanez Marie Lanzaro Fabrice Ripoll
Lise Fournier    
Membres de l'équipe à titre secondaire
Florine Ballif Marie Delaplace Guillaume Poiret
Laure Cormier Jean-François Doulet Christian Tutin
Nicolas Cuervo Corinne Larrue  
Cécile Cuny Dominique Lefrançois  

Accès Membres :

Les acteurs du Lab'URBA